Aboutissement d’un projet ayant mobilisé 1200 scientifiques de 14 pays à travers la collaboration de la NASA et des Agences spatiales européenne (ESA) et canadienne (ASC) depuis une trentaine d’années, le télescope James Webb est le plus grand et le plus puissant des télescopes spatiaux jamais lancés. Après l’avoir positionné à près de 1,5 million de kilomètres de la Terre, avoir réussi à déployer son miroir géant de 6,5 m de diamètre, les scientifiques ont rendu publiques lundi 12 juillet les premières images fabuleuses de ce nouveau télescope… La première image révélée par la NASA est « l'image la plus profonde jamais prise de notre Univers », montrant avec une précision stupéfiante des galaxies lointaines remontant à plus de 13 milliards d’années.

Un exploit technique qui prépare de nouvelles révolutions scientifiques

Comme l’ont exprimé bien des scientifiques : « Nous sommes en train de vivre une révolution », pour reprendre les mots du président de la Société française d’astronomie et d’astrophysique.

Après des jours de tractations de couloir, les rêves de Macron d’un « gouvernement d’union nationale » ou d’une coalition gouvernementale tombent à l’eau. Lundi, Borne présentait son « nouveau » gouvernement, remanié à la marge en fonction des revendications du Modem ou d’Horizons, le parti de Philippe. Abad a dû faire ses valises suite aux nombreuses plaintes de harcèlement sexuel et de viol, aux grands regrets du gouvernement qui voit partir son transfuge de LR.

Mercredi, Borne n’a pas voulu mettre au vote la confiance des députés dans son gouvernement, par crainte de le voir chuter à peine nommé. Macron qui espérait vainement se placer au-dessus de la mêlée des partis se retrouve président d’un gouvernement sans majorité, dominé par la mêlée...

La situation sociale et politique nationale et internationale est déterminée, quant au fond, par l’évolution du capitalisme financiarisé mondialisé qui entraîne l’ensemble de la planète dans une crise globale financière, économique, sociale, écologique sans autre réponse de la part des classes dominantes et des États qui les servent qu’une fuite en avant spéculative et guerrière, qui broie les populations et détruit la nature. Elle s’accompagne d’une offensive réactionnaire nationaliste, belliciste, d’une remise en cause des droits démocratiques et des droits des femmes en particulier au sein de la première puissance mondiale.

Il est aujourd’hui évident que la seule responsabilité criminelle de Poutine ne suffit pas à expliquer la guerre en Ukraine et son développement tragique. La politique de Biden et des USA se battant pour perpétuer leur hégémonie mondiale est un facteur déterminant dans son déclenchement, sa poursuite et aussi dans la montée du militarisme qui en est le corollaire à l’échelle internationale. Les populations d’Ukraine sont sacrifiées aux rivalités entre grandes puissances, à la concurrence globalisée et militarisée qui régit les relations internationales dans le monde capitaliste.

Ces jours derniers se sont tenus plusieurs sommets internationaux, BRICS, UE, G7 et Otan avec en toile de fond la militarisation accélérée du monde et la guerre de plus en plus meurtrière et absurde de la Russie contre l’Ukraine. Alors que s’ouvrait dimanche dernier en Allemagne un G7 sous haute surveillance policière pour tenir les manifestants à distance, l’armée russe bombardait délibérément, assez loin de la ligne de front, des cibles civiles dont un centre commercial très fréquenté à Krementchouk, faisant des dizaines de morts. Une réponse terroriste de Poutine aux chefs d’État du G7 réunis sous la direction de Biden pour accentuer les pressions diplomatiques, économiques et militaires contre la Russie, alors que ses troupes ont dû se retirer d’une grande partie de l’Ukraine pour se concentrer dans la région du Donbass et de la Mer Noire.

Depuis la fin mai, d’intenses tractations diplomatiques sous la houlette des États-Unis ont eu pour objectif de resserrer les alliances contre la Russie et de soutenir militairement l’Ukraine. Depuis le début de l’agression russe, le 24 février dernier, les États-Unis ont envoyé à l’Ukraine plus de 50 milliards de dollars d’équipements militaires, chars, blindés, hélicoptères, drones, missiles bien plus sophistiqués que ceux employés par les troupes russes. Fin mai, Biden, en tournée au Japon et en Corée du sud, les alliés des États-Unis en Asie, a promis de défendre militairement Taïwan en cas d’agression de la Chine, un engagement que les États-Unis s’étaient gardés de prendre jusqu’alors. Biden a décidé manifestement de faire monter la tension.

Le 16 juin, la commission des forces armées du Sénat états-unien a approuvé un budget militaire de 817 milliards de dollars en 2023, 45 milliards de plus que ce que Biden avait demandé.

« Le droit à l’avortement, on s’est battu pour le gagner, on se battra pour le garder », « Solidarité avec les femmes du monde entier », « De New York à Paris, avortement libre et gratuit ! », des milliers de jeunes, de femmes et hommes de toutes générations ont manifesté ce samedi dans le pays, en écho et solidarité avec les mobilisations aux USA depuis plus d’une semaine.

Le 24 juin, la Cour suprême américaine, à majorité ultraconservatrice depuis la nomination par Trump de 3 juges anti-IVG, abrogeait l’arrêt Roe v. Wade. Cet arrêt de 1973, obtenu après de larges mobilisations, garantissait depuis 50 ans le droit à l’avortement sur tout le territoire des USA même si les embuches restaient nombreuses pour beaucoup de femmes.

Macron vient d’annoncer Borne comme Première ministre du nouveau gouvernement qui devrait être mis en place début juillet, « un gouvernement d’action » qui pourrait aller « des communistes au LR », à l’exclusion de LFI et du RN.

Les manœuvres parlementaires battent leur plein après une semaine de tractations, de tentatives de débauchages pour tenter de constituer une majorité. Macron a multiplié les appels du pied aux 61 députés de LR, pendant que Philippe les démarchait pour tenter de créer une « grande coalition ». En vain. Si Copé se dit prêt à un « pacte de gouvernement », pas question pour LR de « sauter dans le Titanic » comme l’a dit Bertrand. Tous attendent et évaluent les rapports de force, pour leurs calculs de pouvoir.

Tentant encore de se placer au-dessus de la mêlée, Macron poursuit la chimère d’un « gouvernement d’unité nationale » auquel Roussel s’est dit prêt à participer, pendant que Bayrou expliquait « Il y a des personnes à droite, à gauche, au centre, aux extrêmes. Nous avons à inventer l’harmonie pour que toutes ces sensibilités entrent dans la symphonie qu’est la démocratie ».

Depuis une semaine, la campagne a laissé place à des débats sans fin sur les péripéties parlementaires, Macron à la recherche d’une majorité perdue pour poursuivre son mandat auprès des classes dominantes alors que la crise globale, guerre, inflation, spéculations… dans laquelle la société est plongée ne cesse de s’aggraver. Mardi 21, Les Echos, titrait : « L'inflation sera ‘’plus forte, plus large et durera davantage’’ que ce qui était anticipé auparavant. ». Même son de cloche aux États-Unis, où le président de la FED, pour qui une récession semblait « peu probable » il y a une dizaine de jours, la pense maintenant « certainement possible ». Une autre source d’inquiétude parmi bien d’autres porte sur la dette des États et des entreprises alors que se confirme la remontée des taux…

Confrontés à une situation qui leur échappe, les chefs d’État s’agitent. Jeudi 23, Macron partait à Bruxelles pour un sommet de l’UE qui a annoncé l’acceptation de la candidature de l’Ukraine et de la Moldavie à l’entrée dans l’Union. Il a enchaîné dimanche 26 avec une réunion du G7 afin de, sur demande de Biden, « prendre des mesures concrètes pour accentuer la pression sur la Russie ». Et début de semaine prochaine, ce sera le sommet de l’Otan à Madrid, où il sera bien évidemment, là-aussi, question de comment renforcer cette pression, cette fois sur le plan militaire…

Après des semaines et des semaines de politique spectacle personnalisée au-delà de la caricature où les politiciens se mettent en scène pour assurer leur carrière et ambition, la machine électorale qui sélectionne celles et ceux qui vont continuer à faire vivre le théâtre d’ombres du parlement, des institutions, masque du véritable pouvoir du capital, a donné son verdict. Selon les premières estimations, à l’heure où nous écrivons, Macron n’aura qu’une majorité relative après avoir, depuis le tarmac d’Orly, le jour de son départ pour la Roumanie, la Moldavie puis, au final, Kiev, exhorté à « donner une majorité solide » au pays au nom de « l'intérêt supérieur de la Nation ». Son avion a certes décollé mais sa majorité est restée clouée au sol ! Faute de majorité absolue avec au maximum 235 députés, une baffe, il devra cohabiter avec une opposition où l’extrême droite, le RN, occupe une solide et menaçante position avec un groupe parlementaire d'au moins 80 députés alors que la bulle Zemmour, produit du marketing médiatique, s’est dégonflée. Si Mélenchon a perdu son pari, il ne sera pas Premier ministre, la NUPES a réussi son défi, gagner au moins 150 députés en recollant les morceaux d’une gauche faillie et brisée alors que le pouvoir en panique rejouait le numéro ridicule de la grande peur contre ceux-là mêmes qui avaient assuré au deuxième tour de la présidentielle son élection contre Le Pen. Quant à LR, avec au moins 80 députés, il espère tirer son épingle du jeu des difficultés de Macron pour monnayer son soutien...

Le spectacle n’a pas réellement fait recette. Ce deuxième tour, annoncé à longueur de débat comme décisif, historique, a laissé indifférent voire a suscité un solide rejet, une hostilité avec une abstention plus forte qu’au premier tour qui atteindrait les 54 %.

Sans surprise, le premier tour des élections législatives place en tête, très largement, le parti de l’abstention à travers lequel s’exprime le rejet d’une démocratie où les dés sont pipés et dont l’enjeu essentiel est de sélectionner qui veillera au sommet de l’État, de ses institutions, à la gestion des affaires des classes dominantes. Elle atteint 52,8 % au lieu de 51,3 % en 2017.

Les premières estimations, à l’heure où nous écrivons, soulignent les difficultés de Macron et de son gouvernement de « renaissance » dont les candidats réaliseraient 25,2 %, au coude à coude avec NUPES qui obtiendrait aussi 25,2 %. Il est de plus en plus probable que Macron n’obtienne pas de majorité absolue. Nous ne pouvons que nous en réjouir d’autant que ce vote sanction se porte principalement sur la NUPES, et non sur le RN qui ferait moins qu’à la présidentielle, avec 18,9 %. Nous sommes solidaires de toutes celles et ceux qui croient pouvoir faire opposition à Macron et à l’extrême droite par leur bulletin de vote, portés par l’espoir d’une possible majorité parlementaire qui imposerait Jean Luc Mélenchon comme Premier ministre dans le cadre d’une cohabitation.

Macron réélu, Elisabeth Borne Première ministre, le pouvoir en place qui demande aux électeurs de lui donner une majorité à l’Assemblée nationale est dans la continuité du précédent, déjà en pire. Une femme Première ministre aurait pu donner l’illusion d’un gouvernement moderne mais elle ne semble être là que comme faire valoir du président qui l’a affublée de quelques caciques machos et sexistes, les Darmanin, Le Maire, Dupont-Moretti sans oublier le nouveau venu de LR, Abad, accusé de viol… Et dimanche dernier Darmanin et son acolyte le préfet de police Lallement, le préfet de la répression contre les gilets jaunes, se sont illustrés une nouvelle fois à l’occasion de la finale de la Ligue des Champions par le comportement particulièrement violent et aveugle de leur police contre les supporters de Liverpool et les spectateurs qui voulaient assister au match. Pris de panique, ils ont eux-mêmes créé le chaos.

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