Lundi dernier, les va-t-en-guerre israéliens et leurs soutiens dans les puissances occidentales ont utilisé jusqu’à la nausée le sinistre anniversaire de l’attaque sanglante du Hamas du 7 octobre 2023 pour légitimer la guerre génocidaire menée par Israël contre la population palestinienne, faire avaliser ses bombardements massifs et son offensive terrestre au Liban et ses attaques à venir contre l’Iran et qui s’en prend maintenant à la Force intérimaire des Nations-unies au Liban, la Finul -obstacle et témoin gênant des exactions israéliennes-, après avoir déclaré que le secrétaire général de l’ONU, Antonio Gutteres, soutenait « les terroristes, les violeurs et les assassins ».

L’instrumentalisation du peuple israélien

Il y avait déjà l’an dernier, le 7 octobre, une espèce d’indécence à ne pas voir que c’est l’État d’Israël lui-même, l’oppression coloniale qu’il exerce depuis 75 ans sur le peuple palestinien, qui ont fait naître et nourri la haine contre les Israéliens. Que ce sont aussi les dirigeants israéliens qui ont utilisé le Hamas contre le Fatah et favorisé son accession au pouvoir, jouant cyniquement la politique du pire, de provocations militaires en surenchères guerrières, prisonniers de la logique qu’ils ont enclenchée en faisant du peuple d’Israël un peuple soldat au service des intérêts des USA contre les peuples du Moyen Orient.

Le contexte actuel de crise globale du capitalisme, la montée du militarisme et des conflits militaires, les multiples explosions sociales qui se succèdent depuis plus de dix ans, la crise écologique, sont caractéristiques d’un contexte socio-économique et politique nouveau que bien des camarades abordent avec une grille d’analyse fondée sur le concept d’impérialisme tel que formulé en 1916 par Lénine dans L’Impérialisme, stade suprême du capitalisme.[1] Les immenses bouleversements qui se sont produits depuis seraient des « reconfigurations » qu’il suffirait de prendre en compte au sein de ce stade capitaliste particulier défini il y a plus d’un siècle et qui n’aurait, sur le fond, pas changé.

Nous pensons que cette approche ne nous permet pas de répondre aux questions politiques qui nous sont posées. En particulier et de façon générale, comment expliquer l’échec des révolutions passées et l’expansion du capitalisme à l’échelle planétaire et, en conséquence, comment imaginer que ce qui a échoué dans le passé pourrait, aujourd’hui, triompher à un niveau supérieur à toutes les révolutions précédentes, vers une transformation mondialisée de la société, le socialisme et le communisme.

L’assemblée a jugé bon, à l’ouverture de la séance du discours de politique générale de Barnier mardi 1er octobre, de rendre hommage à Philippine en commençant par une minute de silence qui prétendait exprimer toute la compassion que suscite un crime aussi effroyable. Sauf que cet hommage relayait l’instrumentalisation raciste et xénophobe par l’extrême droite de ce meurtre attribué à un étranger sous le coup d’une OQTF (Obligation de quitter le territoire français). Ceux qui composent en grande partie cette assemblée réactionnaire n’ont d’intérêt pour les plus modestes et les victimes que si elles leur donnent l’occasion de déverser les pires préjugés comme ils l’ont fait tout au long de cette séance où Barnier a déroulé son projet d’austérité, sécuritaire, anti-immigrés et anti-ouvriers au service des classes dominantes que le bloc réactionnaire cherche à imposer au monde du travail.

Un exercice d’équilibriste, notait la presse, pour le chef du gouvernement en sursis qui consistait à trouver un consensus acceptable par l’ensemble des clans rivaux des macronistes au RN afin d’éviter la censure. Il a joué l’homme d’expérience, de bon sens, proche des préoccupations de la population, l’homme de dialogue avec les partenaires sociaux, jouant un simulacre d’ouverture à des mesures de justice sociale pour contrebalancer les brutales attaques de son programme, de crainte de provoquer la révolte et les réactions des travailleur·se·s, de la jeunesse et des classes populaires. Il a aussi été contraint d’annoncer l’abandon de la réforme du corps électoral et le report des élections locales en Kanaky où la domination de l’Etat colonial a provoqué le soulèvement de la population kanak, brutalement réprimée.

La montée de l’extrême droite, des idées et des forces réactionnaires, du nationalisme et des préjugés xénophobes et racistes, ici ainsi qu’en Europe et dans l’ensemble des vieilles puissances impérialistes réunies dans l’Otan, n’est pas un simple épisode d’une crise chronique mais bien le symptôme d’une maladie profonde qui se développe au sein des citadelles capitalistes et menace l’ensemble des nations intégrées au marché mondial du capitalisme financiarisé mondialisé.

Vendredi dernier, juste après que Netanyahou eut fini, sous les huées et dans une salle vidée aux trois quarts de ses délégations, son discours provocateur et agressif à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU, l’armée israélienne annonçait avoir détruit le quartier général du Hezbollah à Beyrouth, assassinant comme on l’a appris plus tard son dirigeant Nasrallah. Des explosions terribles qui ont rasé six immeubles d’habitation, tué 300 personne et qui viennent après une semaine de raids aériens et de frappes meurtrières qui ont fait plus de 700 morts et des milliers de blessés, provoquant un exode qui s’élèverait à près d’un million de personnes.

« Un temps nouveau s’ouvre pour le pays. Je serai là pour vous aider à réussir », aurait déclaré Macron lors du premier conseil des ministres intérimaires les appelant à « faire preuve d’esprit de dialogue. » Les temps nouveaux que Macron appelle de ses vœux sont ceux d’un capitalisme offensif et encore plus arrogant, militariste, nationaliste dont les zélés serviteurs soient toutes et tous alignés sur le consensus national que le front de la réaction entend instaurer : la défense de l’occident, des privilèges de la grande bourgeoise, enrôlant la petite prise de peur devant les menaces que leur politique fait peser sur son avenir, pour mener sa guerre sociale, nationaliste et xénophobe, policière et militaire contre les travailleurs et les peuples.

Contribution aux discussions au sein du NPA-R

1) L’effondrement de Macron depuis sa déroute électorale jusqu’à la nomination de Barnier comme Premier ministre avec la bienveillance du RN avant que l’échec de la manœuvre ne le contraigne probablement à la démission à moins que lui-même ne réussisse à réaliser l’union des droites est un moment d’une crise politique chronique. Du discrédit de la droite et de la gauche, qui avaient cohabité ou s’étaient succédé au gouvernement pour mener l’offensive des classes dominantes contre le monde du travail, à la montée de l’extrême-droite en passant par le ni droite ni gauche de Macron, il y a la continuité du discrédit des partis parlementaires et de la démocratie parlementaire bourgeoise instrument docile de la politique du capital.

Le mercato ministériel est donc, momentanément, clos avec un retard sur le début de la saison mais le club de la réaction a quelques difficultés à se répartir les postes et les sinécures et manque aussi d’enthousiasme, plus personne ne croit à l’avenir du manager. Même si ce gouvernement, coalition de perdants recrutés dans les fonds de tiroir de la droite la plus rance à l’image de Retailleau, n’est plus démissionnaire, son avenir est des plus hypothétiques. L’attelage est tellement incertain que Barnier a eu besoin d’inventer un ministère délégué à la coordination gouvernementale !

Aussi réactionnaire et anti-ouvrière, antisociale, xénophobe que sera sa politique, son sort dépend du bon vouloir et des choix du RN qui cherchera à le plier à sa politique pour le démettre, le moment venu, en fonction de ses calculs électoraux.

Les attaques terroristes menées par Israël contre des milliers de membres du Hezbollah les 17 et 18 septembre en faisant exploser simultanément leurs bipeurs mardi et leurs talkies-walkies mercredi alors qu’ils pouvaient se trouver dans des lieux publics, ont semé le chaos à Beyrouth et l’effroi parmi la population libanaise. Ces attentats préparés minutieusement depuis des mois ont causé la mort de 39 personnes et en ont blessé près de 3000.

« Ce qui s’est passé pourrait être qualifié de déclaration de guerre. Nous ne tomberons pas. Nous deviendrons plus forts. Nous nous préparerons à affronter pire. […] Le châtiment viendra. », a déclaré le lendemain le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah alors que l’aviation israélienne avait lancé dans la nuit précédente des frappes contre 7 sites de la milice au Liban sud et ses avions de chasse franchi le mur du son au moment de son allocution. Vendredi, c’est le chef d’une unité d’élite du Hezbollah et son second qui ont été assassinés par une nouvelle frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth, qui a fait 45 morts dont 16 cadres du Hezbollah et des dizaines de blessés.

« Je souhaite remercier toutes les personnes qui m'ont témoigné leur soutien depuis le début de cette épreuve et plus particulièrement celles et ceux qui ont pris le temps de se réunir samedi dernier à travers toute la France. J'ai été profondément touchée par cet élan qui me donne une responsabilité » a déclaré Gisèle Pélicot lors de la reprise lundi dernier du procès de son ex-mari Dominique Pélicot et de 51 autres hommes qui l’ont violée pendant dix ans alors qu’elle était droguée, inconsciente.

« Grâce à vous tous, j'ai la force de mener ce combat jusqu'au bout, ce combat que je dédie à toutes les personnes, femmes et hommes, qui à travers le monde sont victimes de violences sexuelles », a-t-elle poursuivi. « À toutes ces victimes, je veux leur dire aujourd'hui : Regardez autour de vous, vous n'êtes pas seules ».

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