Un an après le coup de force de Trump et l’intronisation de Biden, le mythe de la démocratie américaine de moins en moins capable de masquer la tyrannie du capital
« Pour la première fois dans l’histoire, un président n’a pas seulement perdu une élection, il a tenté d’empêcher un transfert pacifique du pouvoir », a accusé Biden lors d’un discours devant le Congrès à l'occasion de l’anniversaire de la proclamation de sa victoire, il y a un an, le 6 janvier, anniversaire aussi du coup de force de Trump et de ses partisans qui menaient l’attaque sur le Capitole, qu’il a qualifiée d'« insurrection armée ».
« Nous devons décider aujourd’hui quelle nation nous allons être. Allons-nous être une nation qui accepte que la violence politique devienne la norme ? Allons-nous être une nation qui autorise des responsables officiels partisans à renverser la volonté exprimée légalement par le peuple ? Allons-nous être une nation qui ne vit pas dans la lumière de la vérité mais à l’ombre du mensonge ? ». Et d’affirmer, « Je ne laisserai personne mettre le couteau sous la gorge de la démocratie ». Se voulant le président du « Retour de l’Amérique », Biden a donné une dimension internationale à son prétendu combat pour la démocratie, une lutte l’opposant à l’autocratie tant aux USA que face à… la Chine et la Russie.
Ne nous laissons pas diviser par les provocations de Macron - La vraie fracture du pays, c’est celle entre la classe capitaliste et le monde du travail
« Les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder. Et donc on va continuer de le faire » ; « un irresponsable n’est plus un citoyen »… Macron a repris les méthodes démagogiques et provocatrices de Sarkozy et de l’extrême-droite pour tenter de masquer son incurie et sa panique en désignant des boucs émissaires. Il en a rajouté lors de la conférence de presse vendredi avec la présidente de la Commission européenne Ursula Van der Leyen : « J’assume totalement […] La vraie fracture du pays est là, quand certains font de leur liberté, qui devient une irresponsabilité, un slogan ». Sans blague, mais la « liberté » des classes dominantes, elle, n’a rien d’un slogan ! Cette liberté bien sonnante et trébuchante plonge la société dans le chaos. La fuite en avant de l’infime minorité des possédants, financiers, grands actionnaires, pour maintenir leurs profits dans un système économique à bout de souffle, a des conséquences dramatiques pour les 99 %.
Macron prépare la suite, l’intensification de la guerre de classe et stigmatise les non-vaccinés pour tenter de diviser, paralyser. Pécresse, pas en reste, veut « ressortir le kärcher de la cave ».
Sans surprise, le bruit et la fausse fureur retombés après les propos cyniques de Macron, les députés ont très majoritairement adopté le projet de loi sanitaire en première lecture. Un peu plus tôt, au Sénat, Castex avait assuré le service après-vente : « Qui outrage la nation ? Qui fracture la nation ? Qui conduit les soignants dans nos urgences à faire des choix éthiques dramatiques ? ».
Les vingt ans de l’euro ou l’échec de l’Europe du capital comme des souverainistes, Place à une Europe des travailleurs et des peuples !
L’installation le 31 décembre du drapeau européen sous l’Arc de triomphe voulue par Macron pour marquer le premier jour de sa présidence de l’Union européenne a déclenché parmi toutes celles et ceux qui tricolorent une polémique tout aussi ridicule et dérisoire que la gloriole présidentielle.
Le Pen a crié à la provocation, un drapeau européen au-dessus de la tombe du soldat inconnu, « une offense pour ceux qui se sont battus pour la France » et une « victoire patriotique » quand il a été retiré le lendemain ! Un « outrage » pour Zemmour. Un « effacement de l’identité française », s’est emportée Pécresse qui se veut « patriote et européenne » et aurait « aimé qu’on affiche à côté du drapeau européen le drapeau français ».
Pour que 2022 soit une étape vers l’organisation politique du monde du travail pour changer le monde, maintenant !
« je continuerai à vous servir », tels étaient les vœux de Macron, adressés avec « optimisme » à lui-même et à la réussite de sa politique au service... des classes dominantes. Boniments et mensonges pour justifier la poursuite de sa police sanitaire qu’illustrent les dernières mesures annoncées pour faire face à la propagation du virus Omicron. Elles jouent sur les inquiétudes et la peur, expression de la panique du pouvoir lui-même. Le ridicule le dispute au mépris. La transformation du passe sanitaire en passe vaccinal rend de fait la vaccination obligatoire alors que Macron avait prétendu y être opposé. Pour tenter de masquer sa propre incurie il fait des non vaccinés des boucs émissaires responsables de la propagation du virus alors que si le vaccin protège de la maladie rien ne dit qu’il empêche réellement sa propagation.
Cette attitude punitive est d’autant plus insupportable que le refus de lever les brevets ralentit considérablement la vaccination à l’échelle internationale et favorise l’apparition des variants comme Omicron. Seule 7 % de la population de l’Afrique est protégée.
La seule réponse des classes dirigeantes est le vaccin pour le plus grand profit de Big Pharma et se barricader derrière les frontières, la soumission aux multinationales et le nationalisme vaccinal au mépris des intérêts de l’humanité, qui exigent l’accès aux soins et aux médicaments, comme un droit universel…
Chili : après la baffe électorale à Kast, en finir avec le vieux monde de la dictature et de la « Transition démocratique » dépend des travailleurs, des femmes, des jeunes
A l’annonce du résultat du second tour de l’élection présidentielle le 19 décembre, des centaines de milliers de Chiliens sont sortis dans les rues. Sidérés par le premier tour, l’heure était plus au soulagement qu’à la joie.
En effet, le 19 novembre, un candidat d’extrême droite populiste, José Antonio Kast, fils d’un lieutenant nazi, anticommuniste partisan du retour à l’ordre de Pinochet et qui avait fait 7,9 % des voix en 2017, l’avait emporté d’une courte tête sur Gabriel Boric. Jeune candidat ex dirigeant de la lutte pour une éducation gratuite « et sans profits » en 2010, ce dernier s’est présenté à la tête d’une alliance du Front Large (front d’organisations antilibérales) et du PC, les partis institutionnels de gauche qui malgré leur discrédit lié à leur participation gouvernementale sous la socialiste Michelle Bachetet, ont capitalisé en partie la sympathie de la rue, très active depuis une décennie.
Une société qui aggrave sans cesse les inégalités doit céder la place
Mercredi, le président-pas-encore-candidat Macron s’est offert un show de deux heures sur TF1 et LCI, la télé de Bouygues, pour nous livrer la vision qu’il a de son quinquennat, entre autosatisfaction, fausses excuses pour ses « erreurs », mensonges, platitudes hors-sol…
Récusant le titre de « Président des riches » et coupant la parole à la journaliste qui tentait bien timidement de le contester, on l’a vu prétendre, invoquant l’Insee, que sa politique économique avait permis d’augmenter le pouvoir d’achat des plus pauvres. Il s’appuyait pour cela sur une étude de la Direction Générale du Trésor (DGT) concernant l’effet des mesures prises depuis 2017 selon laquelle le niveau de vie de la population aurait augmenté en moyenne de 1,6 % sur le quinquennat, plus que lors des deux précédents. Cerise sur le gâteau, l’augmentation aurait été de 4 % pour les 10 % les plus modestes et de seulement 2 % pour les 10 % les plus riches. CQFD !
La journaliste, elle, tentait de lui opposer les chiffres d’une étude plus récente, réalisée à partir des mêmes données statistiques de l’Insee par un organisme privé, l’Institut des Politiques Publiques (IPP). Mais alors que la DGT calcule les moyennes par tranche des 10 %, l’IPP le fait beaucoup plus finement, par tranches de 1 %. On constate alors que la moyenne de 4 % pour les 10 % les plus pauvres masque de fortes disparités, au point que les 5 % les plus précaires (3,34 millions de personnes) ont, eux, perdu du pouvoir d’achat, révélant le mensonge de Macron et de ses comparses. Et cette estimation est certainement bien en dessous de la réalité. L’Insee a en effet publié en mai dernier les résultats d’une enquête de 2018 dans laquelle elle évaluait le nombre de personnes qui, pour des raisons diverses dont l’extrême précarité, échappent à ses statistiques : 1,6 million, dont 900 000 dans les TOM-DOM !
Les travailleurs ont la force de faire taire la haine et la violence réactionnaire, de balayer leur vieux monde condamné
Plus de 10 000 personnes sont venues écouter, dimanche dernier, le maintenant candidat Zemmour à Villepinte, galvanisées par ses appels à la violence et à la haine raciste et xénophobe, par ses délires souverainistes et de références aux traditions d’une France ancestrale fantasmée. Un discours identitaire qui surfe sur la peur du déclassement et de la ruine d’une partie des classes moyennes qui constituent son public, un public réactionnaire qui n’était que haine contre les travailleur.se.s, les immigré.es, les migrant.es, les femmes, les LGBTI… stigmatisé.es comme les responsables du prétendu déclin de la France.
Une violence et une haine qui sont l’expression de la peur des classes possédantes devant leur propre déclin, celui de la faillite de leur société capitaliste, incapable de répondre aux besoins sanitaires, sociaux, écologiques, démocratiques de la population, des classes populaires et des jeunes.
Des violences ont éclaté contre des journalistes, des militant.es d’SOS-Racisme entré.es dans la salle pour déployer leur slogan « Non au racisme » ont été brutalisé.es. Service d’ordre musclé, nazillons nervis de Zemmour les ont violemment agressés avant que les forces de l’ordre acheminées en nombre pour protéger Zemmour ne prennent le relais. Au même moment, la manifestation des syndicats, partis et associations contre l’extrême-droite, partie de Barbès était également chargée par les forces de l’ordre, tabassages, interpellations et gardes à vue à la clé….
En pleine décomposition, la gauche ne pourra renaître, les travailleurs ont besoin de se donner leur propre parti
A cinq mois de la Présidentielle, la campagne témoigne avec brutalité des accélérations politiques, expressions de l’intensification de la guerre de classe menée par les classes dominantes, de l’effondrement économique et social du capitalisme et de la décomposition morale qui l’accompagne. Le Pen, Ciotti, le répugnant Zemmour, Pécresse, Darmanin et bien d’autres surfent sur les préjugés, exaltant les rancœurs et les frustrations pour tenter de faire taire la révolte et les exigences des travailleur.ses, de la jeunesse, des classes populaires.
Cette colère s’exprime de façon encore diffuse, éparpillée dans des grèves locales, pour les salaires, contre les licenciements, dans les mobilisations telle celle des travailleur.ses du secteur social le 7 décembre ou celle, même si moins massive, du 4 décembre pour la défense de l’hôpital, et de façon radicale en Guadeloupe et Martinique.
Vive la révolte des travailleurs, des pauvres et de la jeunesse des Antilles, ils nous indiquent la voie !
Contraint de venir passer deux jours aux Antilles déminer la révolte sociale, le ministre des Outre-mers Sébastien Lecornu n’a fait qu’attiser la colère. Sa venue est avant tout un geste politique dans la pure tradition coloniale pour affirmer la présence de l’État français, à grand renfort de déclarations de fermeté et surtout en imposant un couvre-feu et l’envoi de gendarmes, de CRS, du GIGN et autres troupes spéciales voire de légionnaires pour « maintenir l’ordre », à savoir l’ordre social des multinationales et de la minorité de Békés. Lecornu a eu le cynisme de demander aux organisations qu’il était censé rencontrer de « condamner la violence comme un préalable aux discussions » ! Le collectif de mobilisation comme les élus locaux ont boycotté sa visite en Guadeloupe. Comme le disent nos camarades de Combat Ouvrier « La violence, c’est précisément condamner des milliers de jeunes à une vie sans espoir, sans travail, sans rien, à tel point qu’ils préfèrent prendre des armes et tirer sur la police comme seul moyen de se valoriser. Nous condamnons surtout cet État qui protège bien des délinquants en col blanc. Combien de grands patrons ou de ministres responsables de la catastrophe du chlordécone ont été jugés ? Combien d’entre eux sont en prison ? »
Pour justifier la violence d’État, Lecornu comme le gouvernement n’ont cessé de mentir, de calomnier le mouvement, multipliant les mensonges, avec la complicité d’une partie des médias, pour faire passer les grévistes et les jeunes pour une poignée d’émeutiers, de terroristes et masquer la réalité d’une situation sanitaire et sociale catastrophique.
Contribution sur la situation sociale et politique, la présidentielle et les tâches des révolutionnaires
1) La révolte des classes populaires et de la jeunesse qui secoue la Guadeloupe et la Martinique depuis l’appel à la grève, le 15 novembre, du personnel hospitalier et des pompiers concentre de façon aiguë les questions sanitaires, sociales et politiques qui sont au cœur du développement de la déroute capitaliste et de ses conséquences pour la société.
Le déclencheur de cette explosion sociale a été le refus des soignants et des pompiers guadeloupéens puis martiniquais de l’obligation vaccinale, privant certains d’entre eux de leur emploi, de leur salaire alors que leurs services sont dans un état déplorable. Qui plus est, l’État qui prétend exercer cette contrainte est le même qui avait accordé une dérogation aux exploitants békés les autorisant à continuer d’utiliser le chlordécone interdit en France en 1990 et cela jusqu’en 1993, provoquant une pollution des terres et des eaux aux conséquences dramatiques pour les populations.
Et si la révolte s’est étendue comme une traînée de poudre, c’est bien parce que la grande majorité de la population, en particulier les jeunes, est soumise à des conditions de vie épouvantables, chômage, pauvreté, service des eaux déficient, etc. Situation d’autant plus intolérable qu’aux Antilles le mépris de classe du pouvoir et de la minorité béké qui possède tout s’inscrit dans la continuité du colonialisme, un mépris raciste insupportable.



