En début du mois, le prix Nobel de physique a couronné trois scientifiques, spécialistes de la physique quantique, la physique de l’infiniment petit, le français Alain Aspect, l’Américain John Clauser et l’Autrichien Anton Zeilinger.

Ils sont récompensés pour leurs travaux qui ont abouti à la vérification expérimentale d’une propriété révolutionnaire : « l’intrication quantique ». Une propriété prévue théoriquement par Albert Einstein dès 1935, mais tellement déroutante et contre intuitive qu’il considérait qu’étant impossible elle était surtout la preuve des limites d’une physique quantique encore en construction... et cela resta un sujet de polémique pendant des décennies avec un autre fondateur de la théorie quantique, Niels Bohr. Et en effet, cette propriété est pour le moins déroutante : deux particules jointes au départ restent unies par des liens indéfectibles, même à très grande distance, et continuent à avoir des comportements semblables...

Stations-service à sec, carburants réservés aux services d’urgence, menaces de pénurie, les grèves dans les raffineries TotalEnergies et Exxon Mobil posent avec force la question de l’augmentation des salaires que le patronat voulait étouffer avec l’aide du gouvernement et de sa loi sur le pouvoir d’achat votée fin juillet. Dans de nombreuses entreprises, les salarié.es ont entrepris et organisé lors de la journée interprofessionnelle du 29 septembre, avant et après cette date, des actions, des assemblées générales, des débrayages et des grèves reconductibles sans se laisser enfermer dans le cadre routinier et institutionnel des traditionnelles journées d’action.

A Stellantis, le 28 septembre, près de 5000 salariés de PSA ont fait grève sur plusieurs sites, ce qui n’était pas arrivé depuis 1989. Inquiète d’une série de débrayages dans plusieurs usines, la direction avait appelé à une réunion sur le « pouvoir d’achat », réunion qui accouche d’une prime de 1000 euros. Cette annonce le 27 septembre a provoqué la colère, une prime dérisoire au regard des 8 milliards d’euros de bénéfices réalisés par Stellantis dans les 6 premiers mois de l’année et convainc les travailleurs qu’il faut une augmentation de salaires et non une prime. La CGT historique PSA Poissy, où milite Jean-Pierre Mercier et que la bureaucratie veut exclure, appelle à la grève dès le lendemain. Le matin du 28, sur plusieurs sites, des ouvriers n’ont pas attendu pour lancer les débrayages eux-mêmes, et il y a 5000 grévistes le 28, un événement. La lutte continue.

Au terme d'une campagne dominée par la violence et les provocations verbales et physiques de l’extrême droite, les résultats de l’élection présidentielle au Brésil ont placé Lula en tête avec 48,2 % des voix, contre 43,30 % pour Bolsonaro. Un deuxième tour aura lieu le 30 octobre alors que, la veille même du premier, les sondages donnaient Lula élu. « La lutte continue jusqu’à la victoire finale. C’est juste une prolongation, nous allons remporter cette élection », a-t-il déclaré minimisant le revers. Sur les 156 millions de Brésiliens appelés aux urnes, près de 32 millions d’entre eux, 20,9 % de l’électorat, se sont abstenus bien que le vote soit obligatoire, le plus haut niveau depuis 1998. Une statistique qui exprime le rejet croissant d’un système social et politique inégalitaire, injuste et corrompu.

La mort le 16 septembre de Masha Amini, 22 ans, suite aux violences exercées contre elle par la police des mœurs lors de son arrestation à Téhéran trois jours auparavant, a provoqué un mouvement de révolte qui a gagné en quelques jours l’ensemble du pays malgré la répression.

Masha avait été interpellée pour « port de vêtements inappropriés », parce que son voile sans lequel les femmes en Iran ne peuvent pas sortir de chez elles, laissait dépasser une mèche de cheveux. Les manifestations de protestation contre sa mort ont commencé dès l’annonce de celle-ci, devant l’hôpital de Téhéran où elle avait été amenée, dans le coma, puis lors des funérailles de Masha au Kurdistan iranien, dont elle était originaire et dont la population subit depuis des décennies oppression nationale et répression. Elles se sont propagées dès le lendemain à Téhéran et dans des dizaines d’autres villes de toutes les régions du pays. De nombreuses femmes se sont filmées en train de jeter leur voile dans le feu et de couper leurs cheveux, un geste public et collectif d’un courage extraordinaire pour signifier leur rupture avec le régime. Des hommes ont rejoint en masse la révolte des femmes contre le port du voile, chantant des slogans tels que « je tuerai, je tuerai celui qui a tué ma sœur » et jetant eux-mêmes des voiles dans le feu.

« Ce à quoi nous assistons depuis le 24 février est un retour à l’âge des impérialismes et des colonies. La France le refuse et recherchera obstinément la paix », lançait Macron, il y a dix jours, à l’occasion de la 77e Assemblée générale des Nations unies. Le roi de l’imposture voudrait ainsi perpétuer le mythe d’une mondialisation sinon heureuse du moins démocratique et pacifiste pour justifier la politique de l’Otan au nom de nos prétendues « valeurs » face au retour de l’impérialisme dont l’odieuse guerre de Poutine serait l’incarnation ! Comme si la mondialisation financière dans la continuité de la logique du capitalisme impérialiste n’avait pas entraîné le monde dans un état de guerre permanent dont la guerre en Ukraine est un nouvel et sanglant épisode ! Et Poutine accuse l’Otan de vouloir faire de la Russie « une colonie » après avoir annexé de force 4 régions d’Ukraine !

« La crise du pouvoir d'achat se déchaîne, la confiance s'effrite, les inégalités explosent, notre planète brûle » et, malgré tout, « nous sommes bloqués par un dysfonctionnement mondial colossal » vient de déclarer le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, en rajoutant : « Ne nous berçons pas d'illusion. Nous sommes dans une mer agitée. Un hiver de grogne mondiale se profile à l'horizon ».

Une déclaration qui traduit l’inquiétude des classes dominantes devant leur propre impuissance face à la faillite de leur système. Guerre, inflation, crise climatique et environnementale… Le capitalisme est à bout de souffle, hors contrôle.

Contribution aux discussions au sein du NPA

Discuter de nos tâches et des enjeux auxquels les révolutionnaires sont confrontés commence par prendre la mesure du tournant en cours. Les propos de Macron sur « la fin de l'insouciance et de l’abondance », le « Nous sommes en guerre » expriment la façon dont les classes dominantes abordent la situation politique et prennent acte du tournant majeur qui s'est opéré à l'échelle internationale.

Après le Covid, la guerre en Ukraine est un révélateur et accélérateur des bouleversements en cours, des enchaînements irréversibles engendrés par la politique des classes dominantes en réponse à la crise mondiale du capitalisme financiarisé mondialisé, sa marche à la faillite. Les positionnements, la compréhension de ce qui se joue aujourd’hui sont fondamentaux pour penser les prochains développements de la lutte de classe et nos propres tâches en toute indépendance de classe.

Nous avons besoin d'apprécier la dimension inédite de la situation, du stade du développement du capitalisme et de ses conséquences même s’il nous est difficile d’anticiper comment les différents éléments qui se combinent dans la situation sociale et politique vont agir.

Lundi auront lieu les fastueuses obsèques d’Elizabeth devant un parterre de chefs d’État du monde entier, point d’orgue d’un indécent, obséquieux et servile hommage rendu et orchestré depuis sa mort, le 8 septembre, par l’État anglais et les puissants de ce monde, relayé complaisamment par tous les médias. La succession interminable des cérémonies étalant le faste de la Monarchie anglaise se veut la démonstration de la ferveur populaire, comme si toute la population, des plus riches aux classes populaires, aux travailleur.se.s devait manifester du respect, se mettre à genoux devant cette institution d’un autre âge, symbole du pouvoir des classes privilégiées.

Le dernier service de la reine aux classes dominantes

De Macron à Poutine, tous les grands de ce monde, monarchistes, républicains, dictateurs ont rendu un salut unanime à « une reine d’exception », « de vaillance », une « source d’inspiration », à la fidélité d’une monarque qui, en 70 ans de règne, a servi sans faillir les intérêts de l’impérialisme anglais et des classes dominantes.

Tous ont eu les mêmes mots sincèrement admirateurs, subjugués par une telle célébrité, un tel faste, une telle richesse, exprimant une fidélité sans faille à la religion des classes dominantes, la propriété capitaliste dont cette femme qui a traversé les tempêtes, couvert tous leurs crimes, leurs sanglantes infamies, cette imposture sans limite, était le symbole.

Lundi 12, Macron a remis sur le tapis sa réforme des retraites, bloquée par les mobilisations de l’hiver 2019-2020 puis par la pandémie de covid. Nouveau contexte, nouveaux arguments : il faut trouver de l’argent pour financer la transition écologique, les services de santé, l’éducation … Mais même cynisme et mêmes mensonges qu’il nous sert avec son « CNR », opération d’enfumage qui tente d’associer les organisations qui veulent bien s’y prêter, ONG, associations ou syndicats comme la CFDT, à la mise en œuvre d’une nouvelle série de mesures de régression sociale.

Ces discours sont d’autant plus insupportables que tout dans la situation actuelle, sur les plans économique, financier, écologique, sanitaire, social, géopolitique, confirme la déroute du capitalisme financier mondialisé. Déroute face à laquelle les États et des grandes institutions monétaires, les banques centrales, n’ont d’autre politique que de l’aggraver pour tenter de la maîtriser !

« Nous sommes en guerre, c’est un état de fait », voilà comment Macron a appelé à « être au rendez-vous de la sobriété » lundi devant la presse. Face à l’inflation et à l’annonce de l’arrêt des livraisons de gaz russe, il reprend la posture de la crise sanitaire, décrétant la « mobilisation générale » pour baisser la consommation électrique de 10 %.

Une façon de préparer l’opinion aux augmentations de l’énergie, au rationnement et aux coupures, dont il compte bien préserver les entreprises et les profits. Une situation qui risque fort de s’aggraver pour la plus grande partie de la population, qui pratique déjà largement la « sobriété » sur le chauffage pour tenter de limiter la flambée des factures. Des hausses amplifiées par la spéculation qui mise sur les risques de pénurie. Sur le marché à terme, le prix de l’électricité en France vient de franchir un record : 1000 € le mégawattheure… contre 85 € un an plus tôt !

Macron prépare une offensive contre les travailleurs et les classes populaires, posant au chef de guerre qui annonce « la fin de l’abondance » et appelle à payer « le prix de la liberté ». Une guerre pour continuer d’alimenter « quoi qu’il en coûte » la machine à profits parasitaire et destructrice.

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