Contre l'élitisme archaïque du « premier de cordée », l'action collective et moderne des travailleurs
Après la théorie du « ruissellement », selon laquelle l’enrichissement d’une poignée de privilégiés profiterait à l’immense majorité, Macron a déclaré lors de sa prestation télévisée de dimanche dernier : « je crois à la cordée », appelant à ne pas « jeter des cailloux aux premiers de cordées » ; ceux qui possèdent le capital devraient entraîner derrière eux tous les laissés pour compte en créant des emplois… Belle image d’une société idyllique, comme si les riches en faisaient profiter les pauvres, les salariés, les chômeurs, les retraités, les jeunes !
Comme si, depuis plus de 30 ans, exonérations de cotisations patronales, suppression de la taxe professionnelle, CICE, et autres mesures mises en place par les différents gouvernements avaient en quoi que ce soit fait baisser le chômage. En 10 ans, malgré les cadeaux aux patrons, il est passé d’environ 4 à 6,3 millions toutes catégories confondues.
Pour que la crise catalane ouvre la voie à la classe ouvrière
A l’issue de l’ultimatum posé par Rajoy, le président du gouvernement catalan, Puigdemont, a répondu jeudi 19 que « Si le gouvernement de l’Etat persiste à empêcher le dialogue et poursuivre la répression, le Parlement de Catalogne pourra procéder, s’il l’estime opportun, au vote d’une déclaration formelle d’indépendance qu’il n’a pas votée le 10 octobre ».
A quoi Rajoy a répondu que « le gouvernement continuera les démarches prévues par l’article 155 de la Constitution pour restaurer la légalité en Catalogne », puisque, à son sens, Puigdemont n’a pas répondu à la question de savoir si, le 10, il avait ou pas déclaré l’indépendance. Le gouvernement espagnol se réunira samedi pour discuter des mesures à prendre…
Le premier fait semblant de ne pas répondre à l’injonction, tout en y répondant… Le second fait semblant de ne pas comprendre. Bien décidé à aller jusqu’au bout de ce qu’il appelle « restaurer la légalité », il poursuit l’escalade des « réponses » apportées à chaque étape de la crise : interdiction du referendum, répression sauvage du 1er octobre, ultimatum posé à Puigdemont après la mascarade de la fausse déclaration d’indépendance, menace de l’application du « 155 », arrestation de Jordi Sanchez et Jordi Cuixart, respectivement dirigeants de l’ANC et d’Omnium cultural, deux organisations indépendantistes, lancement de la procédure de mise en œuvre du « 155 »…
Changer le monde, est-ce possible ? Ou la courbe du développement de la révolution…
Le monde d’aujourd’hui apparaît sous la forme d’un gigantesque conflit entre les progrès réalisés dans tous les domaines, les aspirations nouvelles qu’ils suscitent, nourrissent, renforcent, et la violence économique, sociale, morale, policière, militaire qui régit les rapports sociaux, les rapports entre les classes et les peuples.
Ce conflit est extrêmement destructeur sur tous les plans.
Il est l’expression de la contradiction entre la socialisation et l’internationalisation croissante de la production, des échanges et la propriété privée capitaliste, financière.
Cette contradiction est de plus en plus brutale, flagrante pour le plus grand nombre mais cet ordre des choses ou plutôt ce désordre des choses semble incontournable tout au plus serait-il possible d’en diminuer les effets destructeurs, les ravages.
En Catalogne comme ici, pour nos droits sociaux et démocratiques, affirmer notre indépendance de classe ! Le 10, toutes et tous en grève et dans la rue !
La révolte du peuple catalan contre l’État espagnol, la violence stupide et bornée avec laquelle celui-ci a répondu, le camouflet qu'il a reçu représentent un séisme politique dont les effets vont dépasser les frontières que les classes dominantes veulent imposer aux peuples... Il est un nouveau craquement de l'Espagne de l’après-franquisme, de leur Europe aussi dont la politique, celle du capital, soulève partout une colère et une révolte grandissantes.
La solidarité face à la répression, le respect du droit à l’autodétermination ne doivent pas, cependant, nous aveugler. A Madrid comme à Barcelone, à Paris ou à Berlin, à Londres ou à Édimbourg, l'avenir n'est pas au nationalisme et, encore moins, au nationalisme des riches contre les pauvres. Le coup porté par la révolte catalane à l’État espagnol ne pourra engendrer une dynamique progressiste que si les travailleurs s'en mêlent non seulement pour défendre leurs droits sociaux mais aussi pour ouvrir une autre perspective à la société que l'indépendantisme libéral. Il s'agit d'une politique pour l'ensemble de la classe ouvrière de l’État espagnol qui s'inscrive dans une perspective européenne pour en finir avec l’État du capital et son Europe et construire une fédération démocratique, socialiste des travailleurs et des peuples. Tout autre chose que l'indépendance dirigée par le gouvernement de la Généralité.
Le jeune Karl Marx de Raoul Peck ou la jeunesse du marxisme
Après un documentaire nominé aux Oscars I’m not your Negro sur l’écrivain afro-américain James Baldwin, et à travers lui, sur la lutte toujours d’actualité contre le racisme et pour l’émancipation, le cinéaste haïtien Raoul Peck a voulu faire de son nouveau film, Le jeune Karl Marx, un appel à redécouvrir et à s’emparer du contenu révolutionnaire et émancipateur de la pensée de Marx.
Pour se libérer du poids de plus de 150 ans de calomnies, de caricatures dont Marx est toujours l’objet de la part des défenseurs du capitalisme, comme du poids de la « statue du commandeur » érigée par le stalinisme qui a fait du marxisme un dogme mort, il fallait redonner aux idées révolutionnaires de Marx toute la vivacité de la jeunesse. C’est le pari de Raoul Peck : tourner le dos à l’image caricaturale du « vieux barbu » doctrinaire pour mieux retrouver celle du jeune intellectuel révolutionnaire. Pari réussi !
De quoi la crise est-elle le nom?
La crise, nous dit-on, serait une fatalité, le mot revient comme une litanie, mis à toutes les sauces, désignant un mal mystérieux sans remède, tout au plus des expédients. Pourtant, ce mot recouvre à l’évidence une réalité patente, la faillite des classes capitalistes, de l'oligarchie financière, de la propriété privée des moyens de production et d'échange sur laquelle repose le droit que s’octroie une minorité de parasites de s'approprier les richesses produites par la classe des producteurs.
Chacun peut faire, chaque jour, le constat de cette réponse simple et évidente même si elle est masquée par un écran de fumée, la propagande des classes capitalistes qui investissent des milliards dans les médias pour convaincre les classes exploitées que l'économie de marché est le seul système moderne et efficace, qu'il n'y en a pas d'autre possible.
Mais alors pourquoi les crises, pourquoi cette crise permanente dans laquelle est entrée la société à l'échelle mondiale ? Et comment peut-on considérer comme moderne une société dans laquelle l’écart entre les possibilités matérielles et techniques dont dispose l’humanité et le dénuement terrible qui en frappe la majeure partie n’a jamais été aussi flagrant ?
Pour amplifier la mobilisation, surmonter les divisions et l’attentisme des directions syndicales
Malgré la politique des confédérations syndicales, leur participation zélée au cirque de la « concertation » mis en place par le gouvernement et une très longue pratique, malgré le « recentrage » de la direction de FO opposée à la mobilisation, la journée du 12 septembre, et dans une moindre mesure celle du 21, ont été un succès. Les militant-e-s, les salarié-e-s, et pour une part encore faible la jeunesse étudiante et lycéenne, s’en sont emparés pour dire leur révolte, leur refus de laisser faire, leur aspiration à un autre avenir que celui que tracent le gouvernement et la finance.
La mobilisation du 12 a été supérieure à ce que beaucoup espéraient. Celles et ceux qui s’étaient faits les militants du mouvement contre la loi El Khomri étaient là. Dans les cortèges l’ambiance était aux retrouvailles, au plaisir partagé de la lutte, à la fierté de relever la tête... mais aussi aux questions, le 12 comme le 21 : comment faire en sorte de passer à l'étape suivante, comment entraîner dans les entreprises, donner confiance dans la lutte malgré les échecs passés, dont le plus récent contre la loi travail, entraîner les facs, les lycées, la jeunesse ouvrière et précaire ? Qu’il s’agisse des nouvelles générations militantes pour qui la loi travail était l’an dernier la première expérience ou de plus anciennes qui ont vécu de multiples luttes et reculs face à l’offensive libérale, les interrogations sont nombreuses. Beaucoup se demandent comment gagner aujourd’hui face à un gouvernement déterminé à aller vite, qui vise en premier lieu les plus précaires, les plus pauvres, et joue de la provocation, s’appuyant sur un rapport de forces dégradé pour le monde du travail. Il ne suffit pas de dire qu’il faut préparer la grève générale reconductible, aussi juste cela puisse être. Le volontarisme ne peut résoudre les problèmes politiques.
Le spectre d'Octobre 1917 hante le monde, Actualité de la révolution, du socialisme et du communisme
Nous vivons dans un monde instable et chaotique. Insécurité sociale, ubérisation du travail, chômage et précarité, terrorisme et guerres dites contre le terrorisme, drames des migrants, effets dramatiques du réchauffement climatique secrètent l'inquiétude et l'angoisse, la révolte et la colère. Les esprits sont dominés par une société violente sur laquelle les moyens d'action semblent hors de portée. Chacun voit sa vie lui échapper, déboussolé, désorienté.
Nous vivons un grand bouleversement planétaire dont les mécanismes ainsi que les effets semblent échapper à tout contrôle comme dominés par des forces aveugles, étranges, mystérieuses. La mythologie du marché, de la concurrence, de la compétitivité, du risque, des spéculations financières et boursières nourrissent les élucubrations complotistes, les mystiques religieuses, nationalistes avec leurs corollaires le racisme et la xénophobie.
Il n'y a pourtant rien de mystérieux dans l'évolution de la société. Elle est provoquée par la politique des classes capitalistes et des États qui les servent pour préserver leur domination, accroître leur pouvoir, maintenir leurs profits.
Macron mène sans tabou une politique de classe, le 12 et après, menons la nôtre !
Dans les entreprises, au sein des équipes syndicales, dans les unions locales, les collectifs unitaires, l’heure est à la préparation de la journée du 12 septembre et des suites. S’il est difficile de dire quelle sera l’ampleur de cette première journée nationale de lutte contre la politique du gouvernement, nombre de militants ont milité tout cet été pour la préparer, pour donner confiance, entraîner autour d’eux, convaincre de la possibilité de rendre les coups, malgré le poids des échecs passés et surtout malgré la politique des confédérations syndicales qui se sont prêtées à la mascarade et au jeu des « consultations », prétendant exercer leur pression dans les bureaux ministériels.
Mailly, doublant la CFDT, s’est réjoui que des points aillent « dans la bonne direction » : « heureusement que nous avons fait notre travail syndical »… « cette loi n’est pas la casse du code du travail, notre modèle social n’est pas remis en cause ». Déclarant à l’adresse de Martinez que « ce n'est pas quand tout est fini qu'il faut mener la bagarre », il lui a reproché de n’avoir participé qu’à « 6 ou 7 réunions pendant l'été » alors que lui… n’a « pas arrêté » ! Si la CGT appelle clairement à la lutte, elle n’en a pas moins participé à la farce de ces rencontres bilatérales, se pliant au calendrier et aux convocations du gouvernement, au dialogue social XXL des Macron et Pénicaud qui vise à désarmer le monde du travail, les militants qui veulent construire une opposition de classe pour préparer l’affrontement avec le pouvoir et le patronat.
Les dix ans de crise débouchent sur une nouvelle offensive dont Macron est un artisan zélé
Dix ans sont passés depuis l’éclatement, aux États-Unis, de la crise des « subprimes » et la série d’effondrements boursiers, bancaires, économiques qui avaient suivi. Les États des grandes puissances étaient alors intervenus pour sauver le système financier à coup de milliers de milliards empruntés à ces mêmes banques dont les spéculations et l’avidité étaient à l’origine de la crise. L’endettement public qui en résultait débouchait, en 2010, sur la crise de la dette publique européenne, avec comme conséquence l’accentuation des politiques d’austérité qui se poursuivent toujours aujourd’hui. Les banques centrales, particulièrement la Banque centrale européenne et la FED américaine, avaient pris ensuite le relai des États. Avec la politique de « quantitative easing », « QE », elles ont injecté dans les banques privées des milliers de milliards sous couvert de leur racheter des titres de dette d’Etat ayant perdu une bonne part de leur valeur.
Malgré les sommes considérables englouties, ces politiques se poursuivent aujourd’hui.



