Esbroufe, déclarations « chocs », improvisations et têtes-à-queues en tous genres, Macron, Attal et leur gouvernement s’agitent sur tous les fronts, redoublent de provocations démagogiques, expression de leur panique et de l’inquiétude des classes dominantes face à la montée des mécontentements, produit de l’intensification de la guerre de classe.

Le salon de l’agriculture a été l’occasion d’un feu d’artifice de démagogie populiste patriote des rivaux Macron-Attal et Le Pen-Bardella, entre rillettes et surenchères mensongères, qu’il s’agisse de l’aberrante « souveraineté alimentaire » ou des « prix plancher » à propos desquels chacun s’est joyeusement contredit, illustrant la désinvolture cynique de ce petit monde devisant à l’abri de leurs gardes du corps (qui n’ont pas empêché Marion Maréchal d’être douchée à la bière) et de quelques compagnie de CRS... Tous tentent d’utiliser et d’instrumentaliser la colère des agriculteurs pour leurs propres intérêts et, surtout, pour la canaliser pour le compte de l’agrobusiness et du CAC40. Un spectacle auquel les différents politiciens en campagne ont d’une façon ou d’une autre participé, jusqu’à Ruffin s’exposant aux côtés de la Coordination rurale…

« Il n’y a pas de consensus aujourd’hui pour envoyer de manière officielle, assumée et endossée des troupes au sol. Mais en dynamique, rien ne doit être exclu », déclarait Macron lundi dernier, à l’issue de la conférence européenne qu’il présidait à Paris au sujet de l’aide à l’Ukraine. Une surenchère belliciste pour occuper le devant de la scène européenne ? Sans doute mais pas seulement, il se faisait en fait l’écho d’une discussion qui a réellement eu lieu parmi la vingtaine de chefs d’État ou de gouvernement réunis à Paris.

La panthéonisation de Missak et Mélinée Manouchian a éclairé avec particulièrement de cynisme l’imposture permanente de Macron… En prétendant honorer la mémoire des militants de « l’affiche rouge », il cherchait à se grandir, au-dessus des partis, au nom de la nation, s’appropriant la mémoire des ouvriers immigrés, militants, communistes, livrés aux nazis par la police française, fusillés. Il dénature ainsi le combat de ces migrants, arméniens, roumains, hongrois, polonais, espagnols, italiens, juifs, qui se battaient pour la liberté et l’émancipation. Cette opération indigne a reçu le soutien empressé de tous les partis parlementaires, du PCF et de l’Humanité au RN, pour enterrer leur mémoire.  Au nom de la patrie et de la nation, de la république des guerres coloniales, ils bafouent les derniers mots de Manouchian : « Le peuple allemand et tous les autres peuples vivront en paix et en fraternité… Bonheur à tous... ».

Il s’agit « bien plus qu’une question de Russie-Ukraine », déclarait lundi dernier, 19 février, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. « Il s’agit de savoir si les démocraties prévaudront à l’échelle mondiale et si nous sommes capables de défendre et de protéger nos valeurs. Et la réponse doit être oui ». Candidate à sa réélection à la tête de la Commission, von der Leyen a donné le ton, lors de la conférence sur la sécurité de Munich, le Davos militaire, se mettant à l’unisson des déclarations guerrières de la quasi-totalité des chefs d’État et de gouvernements européens ces dernières semaines. « Poutine et ses généraux à Moscou doivent comprendre que nous, l’alliance militaire la plus puissante du monde, pouvons défendre chaque mètre carré de notre territoire », avait dit deux jours auparavant le chancelier allemand Scholz.

Lutte ouvrière puis le NPA dit « issu du Vème congrès » ont rendu public un échange de lettres au sujet des élections européennes de juin 2024 [1]. LO avait déjà annoncé avant l’été qu’elle présenterait une liste et l’a confirmé lors de la conférence de presse que Nathalie Arthaud et Jean Pierre Mercier ont tenue après leur congrès annuel des 3 et 4 décembre. Ces derniers y réaffirmaient le choix de LO de se présenter seule. Le dernier courrier de LO confirme ainsi la réponse qu’ils avaient donnée à la demande du NPA, le 25 septembre, d’une rencontre pour discuter de « la possibilité et modalités d’une candidature commune aux Européennes ». La messe est dite et chacun ira aux élections de son côté, une situation regrettable bien que sans surprise au regard de la nature des relations qui existent entre les différentes fractions du mouvement révolutionnaire.

La grève légitime des contrôleurs de la SNCF pour leurs salaires et ceux des cheminots a provoqué une indignation pour le moins « honteuse » de tous les trop payés de ce pays, les serviteurs zélés, politiciens ou journalistes aux ordres des patrons du CAC40 qui se votent, eux, régulièrement, de substantielles hausses pour des salaires mirobolants !

Attal, jeune promu empressé de faire ses preuves, reprend tous les lieux communs, les poncifs réactionnaires pour faire la leçon, « la grève est un droit, le travail un devoir » ! Et tous s’empressent pour remettre en cause le droit de grève… A commencer par les sénateurs qui veulent interdire les grèves dans les transports durant les vacances scolaires, les mêmes qui viennent de se voter une augmentation de 700 € net par mois de leurs frais de mandat !

Dimanche 11 février, Darmanin annonçait depuis l’archipel « une décision radicale : l’inscription de la fin du droit du sol à Mayotte », alors que son économie, son administration et ses services publics étaient bloqués depuis trois semaines par des manifestations et des blocages de routes organisés par un « collectif des forces vives » contre l’« insécurité, la délinquance et l’immigration ». Il répond aux revendications xénophobes de politiciens et notables locaux qui font des immigrés les responsables de tout ce dont souffre la population de ce département « français » que l’Etat maintient dans le plus grand dénuement, avec ses bidonvilles, ses services publics délabrés, sa pénurie récurrente d’eau potable.

« Du jamais vu à Wall Street » titrait Les Echos le 2 février, « la capitalisation de Meta [Facebook] bondit de 200 milliards en une journée », soit une augmentation de plus de 20 % de sa valeur pour atteindre 12 000 milliards de dollars. Cette hausse inédite s’inscrit dans celle de l’ensemble des entreprises des GAFAM (Google-Apple-Facebook-Amazon-Microsoft) auxquelles se sont ajoutées les sociétés d’Elon Musk (Tesla, SpaceX, X…) et Nvidia, productrice de cartes vidéo. On est passé des GAFAM aux « 7 magnifiques »…

Un mois à peine et le gouvernement Attal nommé par petit bouts est déjà largement discrédité alors qu’il fait face à une montée des colères. Les barrages des agriculteurs ont certes été levés après l’appel au calme des syndicats majoritaires suite aux reculs du gouvernement destinés à satisfaire l’agrobusiness, mais pour les petits producteurs pris à la gorge par les banques et les multinationales, dont les actions ciblaient les géants de la grande distribution et de l’agroalimentaire, rien n’est réglé. Et le mécontentement gagne dans le monde du travail avec nombre de luttes locales contre les licenciements, pour les salaires et, cette semaine, la poursuite des mobilisations dans l’Education nationale.

Mercredi 7 février, Macron présidait un hommage aux 42 Français morts le jour de l’attaque du Hamas contre Israël, le 7 octobre, un hommage très politique marqué à la fois par l’étroitesse nationaliste, le mépris du peuple palestinien, l’alignement sur le sionisme au nom de l’imposture de la lutte contre l’antisémitisme et le soutien à la guerre génocidaire d’Israël. Tous les partis parlementaires étaient conviés à ce moment d’union nationale en soutien au sionisme, du PS à l’extrême-droite dorénavant intégrée et reconnue comme championne de la lutte contre l’antisémitisme. Seule la présence des représentants de LFI a été condamnée, insultée malgré leurs gestes d’allégeance, convaincus qu’eux aussi « ils incarnent la France » selon les mots de Mélenchon. Cette France est celle des colonies et de l’impérialisme, de l’exploitation à laquelle nous opposons la solidarité internationaliste des travailleurs et des peuples contre tous les nationalismes et les racismes pour en finir avec la guerre.

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