Après le choc de la grande récession de 2007-2008, la guerre d’Ukraine en février 2022, puis la guerre israélienne, en octobre 23, l’offensive militariste des USA et de l’Otan ont frappé brutalement à notre porte pour rappeler les ravages occasionnés par la faillite du capitalisme, sa logique destructrice. Ce sont autant de signes d’alerte sur la rapidité de la dégradation en cours à l’échelle internationale et les menaces dont elle est porteuse pour la société, signes d’alerte qui interpellent le mouvement ouvrier, le mouvement révolutionnaire, sur nos capacités à faire échec à la fuite en avant réactionnaire et militariste des classes dominantes.

La journée de grève du 19 mars pour les salaires, appelée par l’intersyndicale de la Fonction publique a mobilisé 100 000 manifestant·es dans les différentes villes selon la CGT. Les cortèges étaient en grande partie animés par les salarié·es de l’Education, principalement celles et ceux des collèges mobilisés depuis la grève du 1er février contre la dégradation des conditions de travail, le manque de moyens, de personnels et de postes, la réforme du « choc des savoirs ». Le nombre de grévistes dans les écoles comme dans la majorité des autres secteurs du public a été très modeste, 6,4 % d’après le ministère de la Fonction publique. Même si les chiffres officiels ont pour habitude de sous-estimer la réalité, ils soulignent le décalage entre une colère profonde des salarié·es et le peu d’intérêt et la lassitude que suscitent ces journées sans lendemain appelées par des directions syndicales discréditées qui refusent d’organiser l’affrontement avec le gouvernement, laissant croire à une possible négociation alors qu’il est à l’offensive contre le monde du travail et les classes populaires.

Vendredi, un terrible attentat a fait 137 morts et plus d’une centaine de blessés dans une salle de concert à Moscou où allait se dérouler un concert de rock. Des hommes armés en tenue de camouflage ont fait feu sur les spectateurs et provoqué un énorme incendie dans le bâtiment. Cet horrible massacre revendiqué par l’État islamique n’est pas sans rappeler les prises d’otages par des terroristes tchétchènes en 2002 à Moscou et dans le Caucase russe en 2004, dont le bilan sanglant, des centaines de morts, avait été dramatiquement aggravé par l’assaut d’une violence inouïe des troupes spéciales russes.

Confirmés à l’issue des primaires du Super Tuesday, mardi 12 mars, sans surprise, Biden et Trump seront respectivement les candidats des machines électorales démocrate et républicaine pour la présidentielle de novembre 2024 aux USA. Le sortant, âgé de 81 ans, manifeste une fragilité et une certaine confusion dans les propos, le milliardaire, ex-président postulant à un nouveau mandat, est sous le coup de quatre procédures judiciaires, d’une amende de 454 millions de dollars sans oublier les accusations concernant sa responsabilité dans le coup de force du 6 janvier 2020 contestant la légitimité de l’élection de Biden. Un agité fantasque, brutal, aux propos et aux actes violents cherche sa revanche, sa vengeance en flattant tous les préjugés réactionnaires contre un vieux politicien sur le retour à l’intelligence déficiente…

« La Russie est une menace non seulement pour l’Ukraine, mais aussi directement pour nous, pour l’Europe, pour la France, pour le peuple français ». « Le message du président de la République a été très clair. Nous n’abandonnerons pas l’Ukraine et nous n’excluons par principe aucune option. […] Nous ne nous fixons pas de limites face à une Russie qui, elle, n’en fixe aucune. » 

C’est par ces propos martiaux -et Macron n’a pas dit autre chose à la télévision jeudi- qu’Attal a introduit la discussion à l’Assemblée et au Sénat mardi et mercredi, les députés puis les sénateurs étant convoqués pour débattre et voter sur « l’accord de sécurité franco-ukrainien et la situation en Ukraine ». Ce traité, valable 10 ans, prévoit, comme les autres traités bilatéraux signés par Zelensky avec le Royaume-Uni, l’Allemagne, les Pays Bas et l’Italie, une assistance financière et militaire à l’Ukraine tant que durera l’invasion russe à l’intérieur des frontières ukrainiennes de 1991, et dans l’immédiat une aide de la France de 3 milliards d’euros cette année.

La rencontre des syndicats de la Fonction publique avec leur ministre Stanislas Guérini ce jeudi, pour un « diagnostic de l’évolution des rémunérations » a tourné à la farce, les syndicats se retirant tant le ministre affiche son mépris pour les revendications salariales des 5,7 millions agents publics, fonctionnaires, contractuels et précaires qui ont subi une dégradation considérable de leur pouvoir d’achat après cinq années de gel du point d’indice et de maigres augmentations en 2022 et 2023.

Les 8 syndicats, pour répondre à la colère, n’ont pas pu faire moins que d’appeler à une journée d’action et de grève pour les salaires, le 19 mars, alors que le gouvernement annonce un plan d’économies budgétaires drastique et qu’il n’est pas question pour lui d’augmenter le point d’indice, qu’il considère « déjà bien soutenu depuis 7 ans ». 

« Plus d'un an après son cinquième congrès, le NPA est toujours là. Nous avons dépassé l’objectif de continuer le NPA pour aller vers la construction d’un parti révolutionnaire, communiste et internationaliste », écrivent les camarades d’AetR, membres de la TIR (Tendance internationale révolutionnaire) en introduction d’un de leurs textes pour le Comité international de la IVème Internationale intitulé « Pourquoi le 5ème congrès du NPA et sa scission ont ouvert des possibilités pour les révolutionnaires en France et au-delà », qui fait le bilan du point de vue des « courants A&R et l’Étincelle » du NPA dit issu du Vème congrès. Cette appréciation résume une orientation erronée fondée sur des illusions et sur un storytelling à l’image des comportements qui, au cours des scissions, jalonnent l’histoire du mouvement trotskyste, les pratiques d’auto-affirmation.

« Nos ennemis ce sont les privilégiés de l’ordre social actuel, tous ceux qui ont vécu de nos sueurs, qui toujours se sont engraissés de nos misères ». « Toute inégalité et tout antagonisme entre les sexes constituent une des bases du pouvoir des classes gouvernantes » écrivait en 1871 l’Union des femmes, organisation révolutionnaire partie prenante de la Commune de Paris et du combat contre les Versaillais. Parmi ses animatrices, Élisabeth Dmitrieff, membre de l’Association Internationale des travailleurs, l’ouvrière Nathalie Le Mel ou encore l’institutrice Louise Michel à qui Macron a eu l’outrecuidance de « rendre hommage » dans son discours du 8 mars, lui médiocre petit valet des banques et des multinationales qui « s’engraissent des misères » des travailleur·ses du monde entier.

Une même logique dicte sa loi aux capitalistes et aux politiciens, une économie de prédation, la lutte pour maintenir les profits, éviter le krach en transférant toujours plus de richesses des producteurs aux parasites du capital, par la dette, la surexploitation, la marche à l’économie de guerre et à la guerre…

Le Maire avec son plan de 10 milliards d’euros de coupes budgétaires et Macron défendant la perspective d’envoi de « troupes au sol » en Ukraine s’inscrivent dans cette logique. Tout en se livrant à son irrésistible penchant à jouer les « grands hommes », ce dernier prend acte sur le fond des évolutions possibles d’une situation que personne ne peut contrôler. Il tente aussi, en reprenant sa rhétorique de « l’économie de guerre », de jouer sur les peurs, déporter sur la guerre en cours et son coupable désigné Poutine la responsabilité de sa propre politique de régression sociale tout en masquant son véritable but, garantir les intérêts des classes dominantes dans une économie en plein marasme. 

« Pas de moyens, pas de rentrée ! »… Tel était le mot d’ordre pour les personnels de l’Education de région parisienne le 26 février à la fin des vacances scolaires. Dans le 93 (Seine Saint-Denis), à l’appel de l’intersyndicale CGT, CNT, FSU et Sud, soutenue par les parents de la FCPE, 40 % des personnels du second degré et certaines écoles ont refusé de faire la rentrée. Depuis, ils poursuivent leur grève, rejoints par des établissements et écoles d’autres départements d’Ile de France et de Paris.

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